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Jessica Arseneau





L'image a un pouvoir poétique.


Elle maintient une force visuelle qui, pour reprendre Bachelard, "ouvre un avenir du langage". Elle est activée selon l'anatomie qui la constitue. Image fixe, image en mouvement, image séquentielle, image référentielle, image de recherche, image parasite, image subversive, image reproduite, image interrompue. Le pouvoir de la poésie de l'image est défini par sa capacité à outrepasser le régime visuel dominant, aujourd'hui étroitement reliée aux structures temporelles. Images subordonnées à ces structures qui répondent à la subjugation de la luminosité scintillante, de l'enchaînement rythmique, de la synchronicité et de l'accélération. Prolifération des non-temps. Non-temps qui substituent les espaces laissés à la rêverie et les temps hétéroclites, ne laissant d'interstices pour l'esprit qui dérive vers ses confabulations de pures incohérences. La poétique de l'image reprend l'incontrôlable rêverie. Elle inflige la césure. Césure. La rendre indéterminée. L'image est l'immobilité ou la suspension, devenue séquence contre-séquence. Une contre-temporalité, peut-être, où il y a la rupture, une non-continuité à l'intérieur du continu. Un ordre temporel interrompu.




Jessica Arseneau explore les façons dont la perception et la subjectivité humaines sont façonnées par les codes sociaux, la culture de l'accélération et le progrès technologique. Elle travaille avec la vidéo, la performance, le son et le texte, généralement en tant qu'éléments dialoguant les uns avec les autres et présentés sous forme d'installations à grande échelle. Son travail actuel se concentre sur les phénomènes du sommeil et de l'insomnie dans un monde 24/7, créant des atmosphères qui font allusion à un espace poétique entre la conscience et l'inconscient.



Originaire de Tilley Road près de Tracadie, elle détient un baccalauréat en arts visuels de l'Université de Moncton en 2011 et d'une maîtrise (diplôme allemand) en arts médiatiques de l'Académie des Beaux-arts de Leipzig (HGB) en 2020, les deux obtenus avec distinctions. Ses expositions personnelles comprennent Surrounding Uncaring Skies à la Galerie d'art Louise-et-Reuben-Cohen (Moncton 2021), Dawns dans l'espace publique avec Ringlokschuppen Ruhr et Urbane Künste Ruhr (Mülheim, 2021), The Screen Under My Eyelids à Helmut (Leipzig, 2020) Nothing but a Constant Glow à Spinnerei Archiv massiv (Leipzig, 2020) et Lost Idyll à la Galerie d’art Louise-and-Reuben-Cohen (Moncton, 2016). D'autres présentations publiques de son travail ont eu lieu à la Galerie Sans Nom (Moncton), à Struts Gallery (Sackville), à la Fonderie Darling (Montréal), à la Maison de la Culture du Plateau-Mont-Royal avec GIV (Montréal), à BronxArtSpace (New York), à Agora Collective (Berlin), à Traverse Vidéo (Toulouse), à la Friche la Belle de Mai (Marseille), à D21 Kunstraum (Leipzig) et à a&o Kunsthalle (Leipzig).

Depuis 2021, elle fait partie du collectif d'artistes ΔDELTA.