Jessica Arseneau





seasons




We Killed Seasons, 2026
Vidéo multi-canal, son stereo
26:40 min.



InProgress

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Comment la représentation du soleil a-t-elle évolué au fil des époques? Quelque chose de fondamental a basculé dans We Killed Seasons. Cinq personnes habitent un lieu qui semble familier, mais qui est profondément transformé par une perturbation de l'ordre cosmologique. Les récits mythologiques, les observations scientifiques et les réflexions sur le travail s'entrecroisent à travers une voix introspective et la conversation de deux d'entre elles. Elles apparaissent toutes sans liens les unes avec les autres, chacune incarnant une perspective d’un monde où le temps s’est désagrégé.

We Killed Seasons est une installation vidéo aborde la disparition des saisons comme une métaphore de nos de notre contexte économique qui fonctionne sans interruption et de la perte des rythmes fondamentaux.





Avec : J.R. Blank, Tintin Cooper, Anna-Carolina Stuckart, Nouri Chamari
Dance : Justine Del Corte
Voix : Jessica Edwards
Consultante au scénario : Gemma Kerr
Révision des textes, traduction: Jessica Edwards
Construction scénique : Oliver Walker
Prise de son, musique : Zach Hart
Lumière : Andres Villareal
Artiste 3D : Nestaeric
Remerciements : Christine Cheung, Kathrin Grzeschniok, Laura Leppert, Bertolt Meyer, Daniel Theiler



De Lorenza Kaib

Dans le film, deux personnes échangent librement sur ce qui existait auparavant, sur la manière dont on en est arrivé là et sur la situation actuelle. Une troisième voix narrative tente également de donner un cadre à l’ensemble. Dans des scènes calmes, les protagonistes interagissent avec leur environnement. Une guêpe morte, un tas de feuilles, une baleine : tous apparaissent dans des lieux et des situations qui semblent artificiels, détachés de leur contexte d’origine. Cinq protagonistes apparaissent au total, tous seuls. Seules les deux personnes qui discutent sont reliées l’une à l’autre. Autrement, il n’y a aucune rencontre, renforcant le sentiment d’un isolement croissant.

Quand tout est synchronisé, on a l'impression que tout fonctionne. Quelque chose est arythmique et tout est déséquilibré (extrait du film).


Le soleil, l’évolution de sa signification au fil de l’histoire et la reconnaissance continue de sa puissance, constituent un sujet de discussion entre les protagonistes. À partir de là, ils parlent du temps qu’il fait, des rythmes et des mythes. Selon la mythologie grecque, l’apparition des saisons résulte d’un accord entre les dieux. Celui-ci est conclu après qu’Hadès a enlevé Perséphone, la fille de Déméter. Il est alors convenu que Perséphone passera une partie de l’année auprès de sa mère Déméter et l’autre aux côtés d’Hadès dans le monde souterrain. Avec ses allées et venues, la vie sur Terre se transforme : les plantes poussent puis se fanent, la durée du jour augmente puis diminue.


Arseneau explore la perte des repères temporels. Le film oscille entre le désir, la solitude et l’effondrement subtil de la psyché. La disparition des saisons devient une métaphore de l’effacement des rythmes fondamentaux de l’existence humaine, une perte des cycles naturels qui rend possible l’exploitation continue des ressources et du travail, sans interruption, vingt-quatre heures sur vingt-quatre.


- Lorenza Kaib, extrait [ma traduction]









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